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1939-1945 Lorraine et Limousin
En 1918, après une rude guerre, nous retrouvions la France.
La guerre de 1940 devait de nouveau nous séparer de notre Patrie.
Mais les Allemands, à qui nous posions pas mal de problèmes et, croyant avoir définitivement gagné, décidaient de déporter tous les Lorrains de langue Française, soit vers l’est, soit en France libre.
Ce fut notre sort, à nous gens de Vany, et nous nous retrouvions à une cinquantaine de personnes à Nouic.
Voilà comment nous avons appris à connaître votre bon pays.
Avant 1870, Vany était un village essentiellement agricole : 2 grosses exploitations. La population, qui était environ de 150 personnes, s’occupait soit dans ses fermes, soit à la culture de la vigne, dont elle vivait très modestement.
Après 1870, beaucoup de personnes, plutôt des jeunes, quittèrent leur village pour retrouver la France et échapper à l’occupant. D’autres quittaient la culture pour aller dans l’industrie du fer qui progressait. La ville attirait aussi et la population diminuait tous les ans.
A notre retour d’expulsion, en 1945, nous nous retrouvions 87 habitants. Chacun se remit au travail avec ardeur et la vie communale reprit
Les communications plus faciles, l’ère de l’automobile, favorisaient les déplacements, le voisinage de Metz, transformait bientôt toutes nos vieilles habitudes.
Les jeunes ne quittèrent plus leur village. Ils y établirent leurs demeures. D’autres, de l’extérieure, y vinrent également. Des citadins même, quittèrent la ville pour venir habiter à Vany, et nous voici maintenant à plus de 260 habitants. La plupart va travailler en ville ou, dans la sidérurgie. Tous les petits exploitants ont disparus et il ne restera bientôt plus que trois exploitations à se partager toute la surface du territoire de Vany.
Vany n’a jamais eu d’église. Nous faisons partie de la paroisse de Failly, avec deux autres communes.
C’est d’ailleurs à Failly que nous avons notre monument aux Morts commun pour toute la paroisse.
Vany est devenu village dortoir et ses revenus sont très modestes. Mais jusqu’à présent, on y vie heureux dans la cordialité. Ni la politique, ni l’envie, ne portent atteinte à l’entente générale. Espérons qu’il en sera toujours ainsi !
C’est pour que vous connaissiez mieux la commune jumelée à la votre, Mesdames, Messieurs, que j’ai fait cet exposé trop bref.
J’espère que vous vous attacherez toujours plus à notre village et que nos rencontres se poursuivront et se multiplieront, surtout individuellement.
Pour nous, nous n’oublierons jamais le temps passé à Nouic, soit pendant la guerre, soit à la réception de l’année dernière.
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