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Le Chalet désignait un refuge pour les voyageurs, une auberge, étape sur une route de poste ; la fière devise qui se distingue encore sur la façade de l’immeuble « au Chalet bon vin, bon gîte, à pied et à cheval », confirme l’origine du nom. Enfin le toponyme La Station ne subsiste plus que sur le tableau d’assemblage du cadastre de 1935 « à jour pour 1986 » : il indique l’emplacement de l’ancienne gare de tramway départemental, implantée sur ce qui est l’actuelle avenue Beauséjour; Nouic était en effet une station de la ligne n°3 de Limoges à Bussière Poitevine, ouverte en 1911 qui a cessé de fonctionner en 1949.

Pour terminer cette rapide étude, nous examinerons maintenant les toponymes évocateurs de l’époque médiévale et de l’environnement du château du Fraisse.

De nombreux noms de lieux sont issus du latin « castellum », diminutif de  « castrum » qui a donné en ancien occitan « castel » et « chastel » en ancien français. De l’époque mérovingienne au  moyen âge, le « castelum » désigne tout type de fortification par opposition à la ville ouverte, au village, au bourg sans défense. A partir du XVIIIème siècle, le mot prend le sens moderne de vaste et belle maison de campagne. Château-Moulin garde le souvenir d’une maison fortifiée à proximité de l’ancien moulin que nous connaissons, actionné par une réserve d’eau dérivée du ruisseau  du Fraisse. Châteaubrun n’a pas une origine médiévale puisqu’en 1669, le lieu-dit n’est encore qu’une simple métairie connue sous le nom Les Moulins. Il s’agit toutefois d’un « lieu noble », propriété du seigneur Roch des Monstiers apparenté à la famille des Monstiers-Mérinville qui décida d’y construire en 1669, la solide demeure qui existe encore aujourd’hui. Dès que la construction seigneuriale fut achevée, le lieu fut rebaptisé Châteaubrun (Bulletin de la société Archéologique et Historique du Limousin 2004-pages 96-97).

Rochelidou constitue un vestige remarquable dans un site inscrit ; Roche de l’ancien occitan « roca » a désigné une butte rocheuse et par extension le château qui y était construit. Dans le toponyme de la ville de Rchechouart, Roca (roche), désignait au XIème siècle un château appartenant à Cavardus ou Chouart ; faut-il voir la même construction et « Lidou » un nom propre déformé ?

Le château et la seigneurie du Fraisse, de par leur forte emprise sur le territoire de la commune actuelle, sont à l’origine de divers toponymes qui renvoient à des institutions et à des équipements  symboliques de la période médiévale: Les Etangs de l’ancien occitan « estanc », du latin « stagnum » comme La Forêt (déjà évoquée supra avec la flore), indiquent des biens importants qui étaient sous la main du seigneur : les étangs fournissaient le poisson, seule nourriture carnée tolérée en période de jeûne ; la forêt était le lieu de chasse du seigneur, activité noble par excellence, en dehors des épisodes guerriers.